mardi 21 juin 2016

La cabine d'essayageophobie, ça se soigne



C’est le retour de la pensée magique à la rédaction : Ce matin, Magali a salué le soleil sur la moquette. Une belle figure de yoga suffit-elle à conjurer les bulletins météo ? Hier, on avait l’humeur à écouter « Il est mort le soleil » sur Youtube. Et à aimer ça. Les vieux déprimaient en songeant qu’à cette saison, on a plus envie d’écouter du Fugain en étudiant les petites robes à bretelles, au soleil à une terrasse de café. Mais vu comme les choses tournent, l’humeur féminine est plutôt au chemisier de demi-saison, qui tiendra jusqu’à la rentrée. Les garçons ont des envies hors saison : vestes de quart, cabans et cirés Cotten ruisselants sous les grains. On adapte ses rêves aux errances dépressives des masses d’air, on positive les effondrements du baromètre en les habillant de couleurs vives. Mais tout cela ne sert qu’à oublier que l’été est juste en train de nous filer sous le nez.
Allons, un peu d’optimisme !
Aujourd’hui, jour des soldes, le soleil a permission de sortie. Vivent les cabines d’essayage, les petites robes légères, les tee-shirts à message. Non, pas à message. Car si vous avez lu le dernier Marie-Claire, vous savez que ça ne va qu’aux moins de 16 ans. Je n’aborde pas les soldes exactement sous le même angle que la fashion victim qui adapte son look aux exigences de l’essayage rapide. Une seule préoccupation : comment affronter le coup de chaud en cabine d’essayage. Une préparation physique s’impose : se coucher tôt la veille, petite demi-heure de pilates pour arriver zen devant les rideaux coulissants, vêtements faciles à enlever, pas de synthétique pour éviter les électrochocs de courant statique.
Mercredi sera un grand jour, celui du tee-shirt sans message, mais de couleur vive. Pas bleu, c’est barbant le bleu, plutôt corail, orange ou vert, s’il n’est pas trop tard pour vous. Des couleurs exprimant votre dynamisme de chien fou. Et on ira travailler sa phobie des cabines d’essayage. On tentera des trucs pas possibles, le polo vert pomme avec des crocodiles gigantesques, des pantacourts moutarde en élastomère, on explorera les limites de l’importable. On essaiera, quoi.
Cela veut dire entrer dans une cabine avec un polo orné d’un idiot pingouin rose, frôler le malaise, avoir des angoisses de gazage et sortir en pleine tachycardie, appeler sa mère à l’aide, rêver de basique. Espérer une simple marinière Armor Lux, un pantalon Glazik bleu ciel toute saison, comme un matelot du Belem, que vous porterez en sifflotant du Joe Dassin. Parce que s’il n’y a pas d’été, on peut quand même compter sur l’été indien, non ?
dm