jeudi 18 août 2016

Quelques romans addictifs pour les vacances



Emmanuelle, institutrice : des romans africains pour mon club de lecture à la maison.
L’été offre l’occasion de lire les livres qu’on n’a pas eu le temps de lire pendant l’année. Du polar, des classiques ou les succès qui sortent en poche, on lit de tout, pour le plaisir.

Une belle séance de rattrapage
Les vacances, bon moment pour rattraper le retard sur des livres qu’on aurait aimé lire tout de suite et qu’on achète en poche, comme Le Livre des brèves amours éternelles d’Andreï Makine, plume française d’origine russe, ou le beau Charlotte, de David Foenkinos. On n’oublie pas L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante, grand succès estival : « L’été, les gens aiment bien se laisser emporter par de belles histoires, résume Frédéric Harscouët, à la librairie Durance. On est moins dans l’autofiction, le roman difficile à suivre ou, disons, le dernier Echenoz. Elena Ferrante est typique de ce goût prononcé pour une merveilleuse histoire dont on croit qu’elle nous fera la semaine et qu’on avale en quelques heures ! »
In the pocket pour Virginie
Aucun doute, l’été est plus que jamais la saison des poches. C’est « in the pocket » pour Virginie Despentes. Juillet pose sa couronne de flammes sur son roman Vernon Subutex, de Virginie Despentes, « exemple du roman très addictif et qui ne prend pas la tête. »
Ou En attendant Bojangles, roman ludique du primo-romancier nantais Olivier Bourdeaut, dont la librairie Coiffard a déjà vendu 1052 exemplaires. Rue de la Fosse, le voyage à Nantes et le Passage Pommeraye ravivent le flux des lecteurs ouverts à toutes les propositions. « C’est une période dynamique pour les livres, assure Rémi Ehlinger, patron de la maison de la rue de la Fosse. Nous mettons en avant une grande diversité de titres : Les succès déjà confirmés, comme Le Grand marin de Catherine Poulain, et des collections comme les Cahiers rouges ou L’Imaginaire, occasion de relire Borgès, Annie Proulx ou Yourcenar. L’été, les lecteurs ne subissent pas la tyrannie de la nouveauté. Ils lisent pour le plaisir. »


Une lectrice passionnée
Emmanuelle est une femme passionnée. Pas pour elle, les romans à l’eau de rose. Ni les polars : « Ces histoires de meurtre me font très peur, je crois que la même chose va m’arriver! Par contre, je suis curieuse. Nous avons monté, avec des voisins et amis, une sorte de club, ça s’appelle le Talc. Toutes-Aides lecture club. » Mode d’emploi : on se fait une petite bouffe à la maison, on amène son taboulé et on parle de ses coups de cœur.
Pour cet été, Emmanuelle choisit avec Frédéric Harscouët, son libraire, des livres en rapport avec le thème du prochain dîner : l’Afrique. Elle opte pour trois livres de poche qu’elle lira au cours de ses vacances familiales en Corse : La Saison de l’ombre de Léonora Miano, Petit Bodiel d’Amadou Hampâté Bâ et En attendant le vote des bêtes sauvages d’Ahmadou Kourouma, catalogue des pratiques machiavéliques des dirigeants africains. « Mon temps de lecture n’est pas illimité, confie l’institutrice et mère de deux jeunes enfants. Je profite de l’été pour découvrir de nouveaux horizons, mais il faut que ce soit puissant, que ça m’emporte. »
Daniel MORVAN.