mardi 20 septembre 2016

Florence Seyvos, Scènes d'enfance



La jeune Suzanne se souvient avoir passé ses vacances dans une demeure mystérieuse près d’un lac, unie à son frère Thomas par un lien très fort, fait de mystère et de peur du vide. Les souvenirs sont hantés par des figures adultes : Un maître d’école sadique, une grand-tante un peu lunaire, une cousine tyrannique qui joue avec un revolver. Et tout le reste : Un tableau représentant Ariane et son fil, la vase visqueuse du lac sous les pieds, les sévices et le désir de croire…
Dans son précédent roman, Le Garçon incassable, Florence Seyvos racontait l’histoire d’un enfant fragile, mais aussi agile que Buster Keaton. Cette fois, la scénariste de Noémie Lvovsky (Camille redouble) voit le monde dans la loupe grossissante de la sensibilité enfantine.
Cette histoire, on l’aime pour son climat d’adolescence effrontée, qui explore le monde par son versant étrange : la mère de la fillette lui apprend à jouer à la poupée, dont le mécanisme se détraque. Son père, lui annonçant son divorce, lui semble « un homme politique en difficulté ». Suzanne sonne les cloches de l’église, soulevée dans ses collants blancs. Scènes belles comme le monde vous semble à douze ans, enregistré à jamais depuis les coulisses de l’enfance.
Daniel Morvan.
Florence Seyvos: La sainte famille. Editions de l’Olivier, 174 pages, 17,50€.