lundi 10 octobre 2016

Mélissa von Mépy, femme marionnette


Reliée par de nombreux cordages à une structure lourde, la trapéziste devient marionnette désarticulée.




Mélissa Von Vépy, trapéziste.
Le spectacle que vous présentez au Lieu Unique s’appelle VieilLeicht (peut-être). Pourquoi peut-être ? 
C’est « peut être » au sens de « pouvoir être » : j’interroge la possibilité pour une femme pantin, un être de bois, d’être. VieilLeicht m’a été inspiré par la lecture d’une nouvelle : Sur le théâtre de marionnettes (1810), de Heinrich von Kleist. Elle traite de l’admiration éperdue vouée par un danseur d’opéra aux marionnettes, qui ne ressentent rien. Leur mouvement mécanique, dénué de gravité physique et d’états d’âme, semble être à la source de leur grâce infinie. Ce texte est la bible des marionnettistes, j’en ai fait un spectacle.
Vous êtes trapéziste, comment vous transformez-vous en pantin ? J’évoque le chemin d’un être empêtré dans ses fils, qui s’automanipule à la verticale. Une machinerie spéciale a été créée : un « métier » (c’est la croix des marionnettistes) géant, qui me permet d’aller au-delà de l’exploit physique pour atteindre la beauté d’une marionnette, en empruntant un chemin de cordages…
Ce projet très élevé n’en est pas moins accessible aux tout petits, n’est-ce pas?  
Bien sûr, il n’est pas nécessaire de connaître Kleist, le spectacle (50 minutes) s’adresse aussi aux enfants ! Et mes interrogations sont toutes simples : la recherche de l’apesanteur, la légèreté…



Mardi 11 et mercredi 12 octobre à 20 h 30 au Lieu Unique, quai F. Favre, Nantes. 22 €, 8 €