jeudi 24 novembre 2016

Le synth-circus de Vimala Pons et Tsirihaka Harrivel

critique

Grande, c’est un cirque en kit assemblé par deux artistes : Vimala Pons (vue récemment dans La loi de la jungle) et Tsirihaka Harrivel. On les avait déjà vus en 2013 dans le collectif « De nos jours », on les retrouve au Lieu unique (Nantes) dans un énorme bric-à-brac d’amplis, d’accessoires. Il reviennent avec un duo étincelant, et qui le serait encore plus s'il ne s'étirait en longueur jusqu'au final.
Le spectacle use et abuse de panneaux d’avertissement mode Godard et Dylan, de comptes à rebours, jouant avec l’illusion que tout est en train de se ficeler sous nos yeux, sur un timing finement minuté.

L’enjeu est la spontanéité : donner à voir que ce qui a lieu sur scène est réellement vécu, et que cette infirmière qui porte une machine à laver sur la tête est vraiment lessivée. Puisque le but de tout cirque est de nous faire pousser des « oh » et des « ah », ils ont mis le paquet.
L’accessoire essentiel de Tsirihaka est un palan électrique sur rails qui le hisse jusqu’au sommet d’un toboggan. Vimala Pons excelle dans l’art du portage d’objets divers, allant de la colonne dorique à la feuille de papier. Tout cela n’est qu’un cadre pour faire jouer les talents multiples des deux comédiens: musiciens, mimes, danseurs, art des voix et registres mixtes (Vimala Pons est très forte à ce jeu), et exécution musicale en direct sur des claviers, mode synth-circus. Non, ce n’est pas du cirque, mais ce music-hall disco et barré emprunte au cirque son sens de l’erreur volontaire, du faux pas, le rythme effréné, les assiettes cassées. Et encore : Un cercueil en carton, des fleurs fanées, les crises de couple et les hurlements devant une porte fermée qui devient ascenseur ou cible de lanceur de couteaux. Un doux vent de révolte passe là-dessus, s’insurge contre l’ennui : on les a retrouvés. Qui ? Les clowns !

Daniel Morvan.

Vimala Pons