mardi 5 mai 2015

La loi Veil racontée par Mazarine Pingeot


Il y a quarante ans, Simone Veil défendait son texte légalisant l’avortement. La fille de François Mitterrand cosigne le scénario d’un téléfilm sur ce combat emblématique.

Mazarine Pingeot a récemment fêté ses 40 ans. Le même âge que la loi que Simone Veil, alors ministre de la Santé du président Giscard d’Estaing, parvint à faire voter après trois jours de débats intenses et de tractations, le 29 novembre 1974. La fille de François Mitterrand a également cosigné (comme scénariste) un téléfilm vu par 4 millions de personnes, en novembre dernier : « La Loi ». À l’occasion de sa sortie en DVD de ce film de Christian Faure, elle vient le présenter à Nantes.



Pour raconter ce combat, Mazarine Pingeot a voulu éviter l’écueil d’une biographie filmée de Simone Veil : « Simone Veil s’est très peu confiée. Il était impossible de tricher avec la vérité et de montrer une vie personnelle qu’elle a toujours voulu protéger. Il était plus intéressant de faire un vrai film politique sur la manière dont se construit un vote de loi, avec du suspense, même si tout le monde en connaît l’issue. » Le film donne un coup de projecteur sur les coulisses d’une bataille politique dont l’enjeu de société était, alors, « partagé par la majorité : s’il ne faut rien tenir pour acquis, à l’époque la société était pour la loi Veil ».


Son principal étonnement, en écrivant ce film ? « Le plus hallucinant est certainement la désinhibition de l’antisémitisme qui s’est déchaîné sur Simone Veil. Et toute la violence qu’elle a subie, les injures, les croix gammées peintes en bas de chez elle, était associée à la Shoah. On ne pourrait plus parler comme ça, en articulant l’avortement et la Shoah dans le même discours ».
C’est Emmanuelle Devos qui porte ce personnage d’ancienne déportée, déterminée à stopper la « boucherie » des avortements clandestins. « Les exigences de la télévision nous ont amené à introduire le personnage de la jeune journaliste interprétée par Flore Bonaventura. Elle nous permet un aperçu sur la vie civile, suit les débats et fait des reportages. »


Pour Mazarine Pingeot, l’écriture de ce film (avec ses amis Fanny Burdino et Samuel Doux) n’est pas un projet isolé. Avec une « bande d’amis » auteurs et réalisateurs, elle travaille à la production de deux films de cinéma, dont l’un avec Joachim Lafosse (lauréat du festival Premiers plans d’Angers, auteur du remarqué A perdre la raison, avec Tahar Rahim et Émilie Dequenne). Après un clash médiatique avec Éric Zemmour sur la Cinq, elle envisage aussi de reprendre son émission philosophique Les grandes questions, et coanime un blog politique (1). Ce blog nouveau né est l’un des multiples espaces d’expression de celle qui fut l’enfant secrète du Président, et témoigne aujourd’hui, dans ce film, de son admiration pour une grande femme politique, Simone Veil.


Daniel MORVAN.
Lundi 11 avril 2015 à 18 h, au forum de la Fnac de Nantes : Mazarine Pingeot et Samuel Doux.
1 : http://poliscite.com/
Arno Lam