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mercredi 19 décembre 2018

Exposition photographique: À Dublin les graffs chantent la gloire de U2 (1995)





Dublin. Tard le soir, un taxi roule dans la grisaille d'un mois de décembre 1994. Les passagers, des Bretons, vont visiter un studio d'enregistrement. Ils sont là à l'occasion de la sortie du dernier album de Dan ar Bras, « L'héritage des Celtes ». Extérieur pas très gai, ambiance docks désaffectés. Un détour. Une rue nommée WindMill Lane. 

« Pendant quelques secondes, ça a été le choc, explique #DanielMorvan, auteur des photographies. « Plus de gris, uniquement des couleurs vives. Un véritable défi à la grisaille du pays. Des murs remplis de graffiti. Les mots tracés à la hâte et les déclarations d'amour destinées à être recouvertes par d'autres messages sont adressés aux quatre Irlandais du groupe #U2. » Daniel Morvan rapporte un témoignage photos de cette rencontre avec le monde de l'éphémère. Ainsi est née l'idée d'une exposition sur le plus grand groupe de rock des années 80. Le vernissage a eu lieu hier. A 11 h, les organisateurs, chiffon à la main droite, produit d'entretien à gauche, bichonnaient trois disques d'or de U2, tout juste sortis de l'emballage, avant de les mettre sous vitrine.

Disque d'or enregistrements inédits


Cartes postales sur U2, livres et revues sur U2, disques de U2, petite coupure de presse où on lit : « Les quatre musiciens ont débuté à l'âge de 15 ans. Bono s'appelait encore Paul Hewson. Il chantait comme une casserole, mais j'ai su tout de suite qu'il serait le leader du groupe. » 

Windmill Lane, l'Abbey Road irlandais

« Larry let me be your lover tonite », lit-on sur un mur de Windmill Lane à Dublin où sont localisés les studios d'enregistrement de Brian Masterson. Une déclaration d'amour à un des musiciens de U2, par une Californienne. Comme les Rolling Stones ou le dernier Chieftains, le groupe U2 enregistre ses albums aux studios de Windmill Lane. Les fans du groupe graffent les murs de la ruelle et même les trottoirs. Daniel Morvan, journaliste à Quimper, a rapporté des photos du délire fanatique des inconditionnels de U2. Des vues des murs de Windmill Lane prises en novembre dernier et présentées dans une exposition sur U2, à la rotonde de la MPT d'Ergué-Armel jusqu'à la fin du mois.
Marie-Dominique Bideau, Quimpéroise, avait 20 ans en 1980. Elle est une fan inconditionnelle du groupe irlandais période new wave. Tous ces trésors lui appartiennent. 
« Je les ai apportés dès que j'ai vu l'annonce de l'expo. Entre 1980 et 1983, j'ai découpé, acheté, collectionné tout ce que j'ai pu trouver sur mon groupe préféré. Depuis qu'il est plus rock, j'ai lâché prise. » 
L'expo U2, c'est aussi une cabine de vidéos conçue par la plasticienne Murielle Coignec avec des vidéos du concert de Sydney, Achtung Baby, Zoo TV, Unforgettable Fire. Les enfants du centre de loisirs de la MPT ont, eux, participé en réalisant des panneaux de décor avec graffiti et peinture au pochoir. Et une expo sur U2 n'aurait, bien sûr, pas de sens sans points d'écoute avec platine, cassette et casque. 
« Depuis l'annonce de l'expo, nous sommes débordés de coups de fil et de lettres venant de partout en France », précise Stéphane Le Bail, animateur permanent de la MPT. 
Du 10 au 31 mars 1995, de 10 h à 12 h et de 14 h à 17 h, à la maison pour tous d'Ergué-Armel. Demain, dimanche, à partir de 14 h est prévu un mini-concert acoustique et une projection vidéo sur grand écran de « Achtung baby », tél. MPT 98 90 78 00. Entrée libre. 

Une exposition dédiée au groupe de rock avec concert et film 

Un dimanche de culte au groupe U2

Les fans Quimpérois de U2 et quelques mordus venus de plus loin encore, sont venus se recueillir, hier après-midi, sur les objets cultes de U2, rassemblés par Daniel Morvan à la MPT d'Ergué-Armel jusqu'à la fin du mois. Concert du répertoire de U2 et projection du film « Achtung Baby » au programme de la journée dédiée au groupe irlandais de rock héroïque. FIN DU CHAPO



Les objets du culte

Avec ses photos, Daniel Morvan a rassemblé une collection d'objets cultes du groupe : les disques d'or prêtés par les studios Windmill Lane et même le dernier « U2 Zooropa » qui leur a été remis il y a 15 jours, tous les albums de U2 avec les lasers pirates produits en Allemagne et en Italie, les trésors de fan de Marie-Dominique Bideau, « Boy », le premier et « War » le troisième album de U2 avec en couverture la photo de Peter Rowen âgé de 7 ans puis de 9 ans, « une photo qui avait fait scandale parmi les ligues de vertu en Irlande », raconte Daniel Morvan.

Concert acoustique

Le centre aéré de la MPT a travaillé à la reconstitution d'un mur de Windmill Lane pendant les vacances de février. En bande son, un best off de U2 et dans une petite salle la vidéo Live at Red Rock, aux USA : « L'Austerlitz de U2. C'est à ce moment qu'ils se sont fait connaître en Amérique». 

Hier, à 15 h, Brian O'Grady Finnegan, chanteur et guitariste du groupe Tango Astral, a donné un concert du répertoire de U2. Accompagné de sa guitare acoustique : « Pour avoir quelque chose de pur. Pas d'artifice », explique-t-il, Brian a captivé la centaine de spectateurs présents. Changement d'ambiance tout de suite après avec la projection du film « Achtung Baby » qui retrace l'histoire de U2 depuis sa création en 1979 jusqu'à la tournée en Allemagne, en 1991. 

Marc GUIRIEC.

L'exposition sera encore visible jusqu'au 31 mars à la MPT d'Ergué-Armel, le lundi de 13 h 30 à 18 h, du mardi au vendredi de 9 h à 12 h et de 13 h 30 à 18 h et le samedi de 9 h à 12 h et de 13 h 30 à 16 h

dimanche 28 janvier 2018

Malanga, l'ethnographe de la culture pop

Gérard Malanga, ici coiffé par Edie Sedgwick pour le film © Haircut


Assistant de Warhol, il a photographié le New York des années 1960-1970

Malanga, en chair et en os, comme arraché vivant de ces clichés où il côtoie l'oiseau de nuit halluciné qui inventa le pop art, dans une usine désaffectée, un phalanstère urbain aux senteurs de soufre. Et dire que ce père tranquille est celui qui a sérigraphié Marylin ! Quand les films de Warhol, comme «Chelsea Girl », sortirent en Europe, Malanga devint une superstar. Sa personne signifiait glamour, célébrité et beauté de la jeunesse.

Iggy, Patti, Mick, Keith... Malanga fut, dit le New York Times, « l'associé le plus important d'Andy Warhol. » Grâce à sa formation de sérigraphe, c'est lui qui réalise pour le pape du pop art les photos agrandies et colisées devenues célèbres : Elisabeth Taylor, Marylin Monroe, Elvis Presley deviennent dans ses mains les icônes de la société de consommation, idoles vidées de chair et de substance par la reproduction de l'image. Les images de Malanga sont tout le contraire. Elles pourraient s'appeler : «Jours paisibles à New York», tant est perceptible la grande familiarité entre le photographe et ses sujets.

Fascinants portraits où Malanga nous montre les stars dans leur vérité quotidienne. On voit Iggy Pop nu, plus près de l'ethnographie que du glamour. On voit Patti Smith, étrange indienne, la bouche de Mick Jagger, Keith Richards dans son jardin en friche, Andy Warhol, des tas de jolies filles, des drôles de garçons. New York est alors en train de gagner la troisième guerre mondiale, celle qui va imposer les jean's, le Coca et la musique pop sur toute la planète. Malanga nous montre les redoutables généraux en chef de cette guerre.

Gérard Malanga n'est guère bavard sur ses années passées avec Warhol de 1963 à 1970. « C'est juste un petit moment dans ma vie, prétend-il. Juste sept années qui ont révolutionné l'art. A croire que l'éphèbe des films expérimentaux n'était que la petite main de l'artiste. Andy ? Un petit garçon ! Il est vrai que Malanga s'émancipera de l'esthétique de la Factory pour créer son propre langage de poète et photographe.

De Warhol, il dit qu'il était « un petit garçon. Et comme les adultes aiment offrir des cadeaux aux petits garçons, il était heureux comme un gamin. » A propos de ces images : « Ces photos, je vis avec. Je les range dans des boîtes et de temps à autre, je les partage. C'est ma propre vie que je partage ainsi. La raison d'être de la photographie, c'est d'être l'outil de la mémoire. Et je suis toujours surpris d'avoir pu faire de telles images, où il n'y a que des stars. J'aurais également pu en faire à Paris, mais je n'étais pas dans mon élément et je n'ai pas osé photographier Duras, Balthus ou Godard. L'image qui m'émeut le plus ? Celle de William Burroughs, qui était un bon ami. Je n'aurai plus jamais l'occasion de le photographier. Mais l'amitié se prolonge au-delà de la mort. » 

Daniel MORVAN.

mardi 18 avril 2017

Chantal Connan est allée en Arrée (1995)



Chantal Connan

Le vitrail », un livre posthume de la photographe quimpéroise

Elle aimait le vent, le sable, les longues routes, les champs de colza, le clair-obscur des pinèdes et la poésie d'Eugène Guillevic. Avec le poète, elle avait réalisé son second et dernier livre de photos : Nature épousée, qui suivait Finis Terrae.

Minée par la leucémie, elle avait usé ses dernières forces sur les pentes des Monts d'Arrée pour saisir la lumière du petit jour sur les arêtes schisteuses de Roc Trevezel. Chantal Connan avait ainsi emmagasiné 2 000 clichés. 

Sous la reliure japonaise cousue main, dix tableaux. L'émotion de découvrir ce testament photographique riche de possibles, la fulgurance de ces intuitions artistiques où la lumière est traitée avec un regard de peintre, densifiée, mouillée ou surexposée. 
Il y a là toutes les pistes que poursuivait Chantal Connan, cette relation insistante qu'elle entretenait avec la nature. Les images se suffisent certes à elles-mêmes, mais les textes d'Yvon Le Men y ajoutent, sous le couvert d'un commentaire sur les images, la méditation en filigrane sur la cruauté d'une mort qui a fermé un si beau regard sur le monde, mais nous accorde de voir ce qu'il a vu et qui était plus grand que la vie. 

Daniel Morvan

Le vitrail, aux éditions Filigranes, 1995.


475 mots samedi 24 juin 1995

jeudi 17 mars 2016

Il a dessiné la vie du photographe Robert Capa


C'est en lisant la biographie de Gerda Taro, compagne de Capa, que Florent Silloray (né dans la région de Nantes, aujourd'hui rochellois) a eu l'idée d'une BD consacrée à Robert Capa (publiée chez Casterman, 96 pages, 2016, 17€). Il fut l'auteur de "la Joconde" du photo-reportage, Mort d’un soldat républicain, devenue un symbole de la guerre d’Espagne. C’est l’une des photos les plus célèbres de tous les temps.
Capa fut aussi le seul photographe embarqué, avec le 116e régiment d’infanterie américaine, le jour du D Day.
Une biographie dessinée remarquable, dans les tons sépia, qui retrace les événements essentiels de la vie de Capa, à partir de sa rencontre avec Gerda Taro, qui le révéla à lui-même et lui trouva son "nom de guerre", jusqu'à sa mort en Corée.
Au cours de la même rencontre, Fabien Grolleau et Jérémie Royer présentent de leur côté leur magnifique ouvrage Sur les ailes du monde, Audubon (Dargaud). En 1810, le Couëronnais John James Audubon s’embarque sur le Mississippi pour son premier voyage dans l’Amérique du début du XIXe siècle. L’histoire vraie du Nantais qui fut le premier scientifique américain. Là aussi, un travail magnifique.

Samedi 19 mars 2016 à 15 h, Librairie Aladin, 8, rue Mercœur, Nantes. Tél. 02 40 20 39 23. L’auteur dédicacera aussi « Le carnet de Roger ».