samedi 17 décembre 2016

Pour moi, 2016 c'était ça: parti pour Avignon, dérouté sur l'attentat de Nice


On sait rarement ce qui nous attend quand on part en reportage. Mon agenda de 2016, du 14 au 18 juillet : Festival d’Avignon. Mon premier festival « in » en trente-quatre ans de métier. Dix-sept heures de théâtre au programme, des Damnés à 2666.
Le soir de la Fête nationale, à Nice, un homme a lancé son camion sur la foule, tuant 84 personnes. Je venais d’arriver en Avignon quand je reçus l’appel de la rédaction en chef. J’ai barré Avignon sur mon agenda, pour y inscrire : Nice. J’étais dérouté.
J’ai trouvé là-bas mon camarade reporter Marc Mahuzier. À l’hôtel Univers, aucun problème de réservation, les touristes fuyaient. J’ai marché sur la promenade des Anglais. 2 km de bitume, comme une marelle sanglante. La ville émergeait de vingt-quatre heures d’hébétude sous l’œil des chaînes d’info, posées là au carrefour, devant le public hostile.
Aux terrasses, le vieux Nice faisait semblant de vivre. Mais toutes ces âmes errantes, portant en elles des visions de corps écrasés. Ces cyclistes sillonnant la prom’, comme aveugles, lancés à fond. Joggeurs. Selfies. Fleurs, fleurs, fleurs. Petits mots.
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