Un concert d'exception au 70e festival de Cornouaille
L'Irlande, l'Écosse, le pays de Galles, la Bretagne sur un plateau de rêve : Devant plus de 5 000 personnes, Dan ar Braz a réuni autour de lui tous les musiciens qu'il aime pour un concert unique, en concert de clôture du 70e festival de Cornouaille, samedi à Quimper.
« La paix, avec une seule frontière, la mer » : cette paix que Dan Ar Braz rêve pour l'Irlande s'appelle aussi amitié entre les pays Celtes. Sur une proposition de Jacques Bernard, le programmateur du festival de Cornouaille, le guitariste a rassemblé ses amis irlandais, écossais, gallois et bretons pour un gigantesque « boeuf » célébrant « l'héritage musical des Celtes ». Une idée un peu folle comme il vous en vient un soir d'été, les yeux dans les étoiles. Samedi, lorsque les premières étoiles s'allumèrent, elles avaient pour noms Elaine Morgan la galloise et Eithne Ni Uillachean l'irlandaise, deux voix qui vous envoûtent sur de somptueuses nappes d'orgue.
Boîte à malices
Donal Lunny et ses musiciens Eoghan O'Neill et Ray Fean, les Bretons Patrick Molard et Ronan Le Bars aux cornemuses, Jacques Pellen et Gilles Le Bigot aux guitares, Patrick Péron à l'orgue leslie, formaient autour de Dan ar Braz l'ossature d'une soirée construite comme une boîte à malice, avec apparitions multiples de stars jamais vues ensemble : Gilles Servat et sa Blanche Hermine apparaissaient sur un claquement de doigts, Alan Stivell, avec qui Dan Ar Braz n'avait pas joué depuis quinze ans, déroulait le film de son épopée avec un mémorable « Poplinn ». La complainte ouessantine de Yann-Fanch Kemener succédait à une exceptionnelle version du « Rain » de Paul Mac Cartney, jouée « à l'américaine », le rouleau compresseur calédonien du Shotts pipe band s'arrêtait net pour laisser passer la flûte de Jean-Michel Veillon et la guitare de Gilles Le Bigot. Jusqu'à cette chose inouïe : le pipe band écossais couplé au bagad Kemper pour un « theme for the green lands » qui vous transportait sur une autre planète, en un lieu où rien ne se conjugue à l'imparfait, où l'air est aussi pur que la voix d'Elaine Morgan. Une chanteuse dont l'art confine au miracle, et qu'on aimerait voir plus souvent sur scène aux côtés de Dan Ar Braz, afin de laisser courir le rêve au-delà des trois riches heures de samedi. Daniel MORVAN.