mercredi 15 décembre 2021

317. Ode pour attendre le jour


Au vol rapide des oies sauvages sur le fleuve
je dirai les marbrures roses du berlingot

à cette chaise longue dans la grange à foin
je dirai le grillon dans sa cartouche de douze millimètres

à l’enfant qui mire ses mains translucides dans les feux
de position d’un tracteur rouge
je dirai la corneille dévorant les chenilles vertes d’hiver

Au cidre couleur paille qui jaillit du pressoir
je dirai les doigts piqués d’épingles dans la trousse à couture

au savon abandonné près du mur des fusillés
Je dirai les ombres du saule sur le visage d’un inconnu

à la pluie qui a gonflé l’eau du puits
je dirai la graisse rouge des courroies de batteuses

aux douze tourterelles dans l’arbre dénudé
je dirai la guirlande de papier blanc

à celle qui sourit aux lumières de l’arbre
je dirai la fleur du cannelier qui pousse sur la lune

 

 317. Mercredi 15 décembre
Ode pour attendre le jour

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